S½ur Emmanuelle, née Madeleine Cinquin, souvent surnommée la « petite s½ur des chiffonniers », est une religieuse et écrivain née le 16 novembre 1908 à Bruxelles (Belgique) et morte le 20 octobre 2008 à Callian (Var, France). Elle est connue pour ses ½uvres caritatives en Égypte auprès des enfants et des plus démunis et est un symbole, dans l'opinion française, de la cause des déshérités[1]. Née de parents belges et français, elle possédait ces deux nationalités. En 1991, le président Moubarak lui remet la nationalité égyptienne en remerciement de son ½uvre au Caire[2].
A son entrée chez les religieuses de Notre-Dame de Sion, elle prend le nom de Mère Emmanuelle puis celui de S½ur Emmanuelle lorsqu'elle rejoint le Caire. C'est sous ce nom qu'elle se fera connaître des médias et deviendra très populaire auprès de l'opinion, apparaissant régulièrement en tête des classements des personnalités préférées des français
Elle est née d'un père français et d'une mère belge et vit dans une famille aisée de trois enfants ayant fait fortune dans la lingerie fine[3]. Elle partage ses années d'enfance et de jeunesse entre Paris, Londres et Bruxelles, lesquelles sont marquées, en 1914, par la mort de son père, noyé sous ses yeux sur la côte d'Ostende lorsqu'elle a 6 ans. Cette expérience la traumatise profondément et lui fait se rapprocher de Dieu. Elle déclare que dans son inconscient, sa vocation de religieuse date de cet accident[4].
C'est à 20 ans que Madeleine Cinquin décide de rentrer au couvent malgré l'opposition de sa mère. A 23 ans, après des études de sciences philosophiques et religieuses, elle prononce ses v½ux de religieuse dans la congrégation Notre-Dame de Sion et devient Mère Emmanuelle le 10 mai 1931
S½ur Emmanuelle enseigne les lettres au Lycée Notre-Dame de Sion à Istanbul en Turquie entre 1932 et 1960 où elle déclare que le contact avec des étudiantes était pour elle un motif de joie.
Elle enseigne ensuite en Tunisie pendant cinq ans où elle s'occupe de filles de français installés dans le pays puis à Alexandrie en Égypte pendant quatre ans[4]. Tout au long de ces années, elle ressent le désir de se mettre au service des exclus. Elle sensibilise ses élèves, de condition aisée, aux difficultés des populations démunies de leur pays
En 1971, à l'âge de la retraite, après avoir un temps voulu s'occuper de lépreux[4], elle décide de partager la vie des plus pauvres et, avec l'autorisation de sa congrégation, part s'installer chez les chiffonniers de Ezbet El-Nakhl, un des bidonvilles les plus pauvres du Caire en Égypte[4]. En travaillant en collaboration avec plusieurs églises locales, elle parvient à établir une communauté et contribue à améliorer les conditions de vie. Ses priorités vont à la santé et à l'éducation des enfants. En quelques années, des dispensaires, des écoles et des jardins d'enfants sont construits.
Elle rencontre en 1976 Sarah Ayoub Ghattas (s½ur Sarah), alors jeune et dynamique supérieure d'un couvent copte orthodoxe, francophone, issue d'une famille de la bourgeoisie qui la rejoint et devient l'âme de la communauté. Grâce à s½ur Sarah, « la maison étant tenue », s½ur Emmanuelle peut parcourir le monde pour récolter des fonds grâce à ses dons d'oratrice et sa personnalité chaleureuse.
En 1991, en reconnaissance de son oeuvre en Egypte, le président Moubarak lui remet la nationalité égyptienne en 1993 [5].
En 1993, à la demande de sa congrégation, S½ur Emmanuelle quitte définitivement l'Égypte et rejoint sa communauté en France. Elle continue de se battre pour plus de solidarité. Elle écrit des livres (Chiffonnière avec les chiffonniers, Richesse de la pauvreté, Vivre, à quoi ça sert ?), rencontre des jeunes dans les lycées et les écoles, s'occupe également de l'association Les Amis de Paola à Fréjus en aide aux SDF et donne des conférences aux côtés de son association pour sensibiliser le public à l'engagement solidaire.
Parallèlement, S½ur Emmanuelle continue à donner « un souffle » à son association. Elle lui transmet ses principes d'actions qui sont chaque jour mis en pratique sur le terrain. « éduquer un homme c'est éduquer un individu, éduquer une femme, c'est éduquer un peuple ».
En 1995, avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, elle est à l'origine de l'orientation de la campagne présidentielle de Jacques Chirac sur le thème de la fracture et de l'exclusion sociale[6].
Le 1er janvier 2002, S½ur Emmanuelle est promue par Jacques Chirac au grade de commandeur de la Légion d'honneur avant d'être élevée, par Nicolas Sarkozy, le 31 janvier 2008 grand officier de la Légion d'honneur. En Belgique elle devint en 2005 grand officier dans l'Ordre de la Couronne[7].
Depuis 1993, elle vivait dans une maison de retraite de Callian dans le département du Var, où elle est morte le 20 octobre 2008 à l'âge de 99 ans. Soeur Emmanuelle aurait fêté ses 100 ans le 16 novembre 2008.
S½ur Emmanuelle était une personnalité très aimée de l'opinion publique en raison de son engagement humanitaire, de sa personnalité, de son caractère exubérant et de son franc-parler, souvent en contraste avec le ton employé par l'Église ou la simplicité d'autre religieux comme l'Abbé Pierre ou Mère Teresa qui s'étaient eux aussi engagés en faveur de plus pauvres et bénéficiaient d'un fort soutien populaire.
Elle était très médiatisée depuis son passage en 1990 à l'émission La Marche du siècle de Jean-Marie Cavada[8] et s'était construite une image caractéristique avec sa blouse, son fichu, ses baskets noires et son habitude de tutoyer les journalistes.
SOURCE : WIKIPEDIA
↑ Frédérique Neau-Dufour 2004, p. 226
↑ Midhat J. Gazalé 2004, p. 189
↑ "S½ur Emmanuelle est morte", Le Figaro, 20 octobre 2008.
↑ a b c d Soeur Emmanuelle est décédée, La Croix, 20 octobre 2008.
↑ Midhat J. Gazalé 2004, p. 189
↑ Frédérique Neau-Dufour 2004, p. 12
↑ (nl) [« Zuster Emmanuelle Grootofficier in de Kroonorde » dans De Standaard on line].
↑ S½ur Emmanuelle : mort d'une icône médiatique, Le Monde, 20 octobre 2008.